Cristiano Ronaldo, À Manchester United, sur les sentiers de la gloire – 2/3

La légende prétend que le destin de Cristiano Ronaldo a basculé le 6 août 2003, à l’occasion d’un match amical entre le Sporting et Manchester United pour l’inauguration du stade José Alvalade XXI, écrin tout neuf en vue de l’Euro 2004 que le Portugal organise l’année suivante.

Ce jour-là, la dernière petite merveille du Sporting martyrise la formation mancunienne, à coups de crochets, de dribbles et de gestes toujours plus high-tech. Il fait vivre l’enfer aux… Diables Rouges, tout retournés ! Ébouriffant. Toujours la tête à l’envers et épatés par l’incroyable talent du jeune lusitanien, les joueurs de MU auraient demandé à Sir Alex Ferguson, dans l’avion du retour, de recruter cet espèce d’extraterrestre. Si tout cela est vrai, ce que sa troupe ne savait pas, c’est que le manager écossais avait depuis un moment le gamin dans le viseur et qu’il a profité de ce voyage à Lisbonne pour finaliser l’affaire.

Cristiano signe chez les Red Devils

D’ailleurs, moins d’une semaine plus tard, le 12 août, Cristiano signe chez les Red Devils pour un transfert de 17,5 millions d’euros, soit, à l’époque, un record toute catégorie pour un joueur de son âge en Angleterre. Et, en cadeau de bienvenue, alors que le Portugais pensait reprendre le numéro 28 qu’il portait au Sporting, on lui offre le mythique maillot 7, porté avant lui à United par des légendes telles que George Best, Bryan Robson, Eric Cantona ou encore David Beckham. « Je suis extrêmement fier de devenir le premier Portugais à revêtir les couleurs de cet immense club », bredouille l’intéressé à son arrivée. N’empêche, ces 17,5 millions placés sur un joueur de 18 ans ne manquent pas d’interpeller de l’autre côté de la Manche. Surtout que le mouflet a la lourde tâche de remplacer, dans le coeur des supporters, le Spice Boy, David Beckham, parti au Real Madrid. Avec, pour rajouter à la pression, son fameux numéro dans le dos.

Cette première saison s’apparente à une période d’apprentissage, dans un pays dont il faut qu’il apprenne à maîtriser la langue, tout un environnement complètement nouveau et inconnu pour lui et où les températures n’ont rien de comparable avec la douceur de vivre du Portugal. Surtout, il doit apprivoiser ce football britannique où tout va si vite, avec un pressing incessant et des défenseurs qui font rarement dans la dentelle, fût-elle de Calais. Alors, Cristiano s’accroche, sert les dents et termine la saison bien plus fort qu’il ne l’avait débutée en signant notamment, de la tête, le premier but d’United en finale de la Cup face à Millwall (victoire finale 3-0) qui est aussi le premier trophée qu’il remporte sous ses nouvelles couleurs, en même temps que la page inaugurale de son palmarès chez les pros. Depuis, le carnet a été copieusement noirci. Sir Alex, lui, se trouve déjà complètement sous le charme. « Je crois, lance-til à l’époque, que nos fans se sont découvert un nouvel héros. Cristiano a réussi de merveilleux débuts, tout simplement incroyables. Mais nous devons faire attention avec ce garçon et ne pas oublier qu’il n’a que 18 ans. »

La montée en puissance va se confirmer les deux années suivantes où il s’impose dans la peau d’un titulaire incontestable, en se montrant aussi plus décisif, que ce soit dans le rôle du buteur ou du passeur. Ses stats grimpent, elles vont bientôt exploser. La saison 2006-2007 marque la date de son envolée définitive vers les cimes. Il devient CR7. Avec ses 23 buts et 20 décisives – qui a dit qu’il n’était pas altruiste ? – toutes compétitions confondues, il est désigné king d’Angleterre, meilleur jeune aussi, bien sûr, et termine deuxième dans la course au Ballon d’or, derrière Kakà, le Brésilien du Milan, mais devant un certain Lionel Messi qui pointe à la troisième place. Qu’est-ce qui pourrait bien l’arrêter, maintenant ? Rien, plus rien.

L’autoroute de la gloire pour Cristiano Ronaldo

Lancé sur l’autoroute de la gloire, Cristiano Ronaldo, qui a gagné en puissance (« Je fais 3 000 pompes par jour », a-t-il, un jour, déclaré) met tous les atouts de son côté. Bourreau de travail, constamment à la recherche de la perfection, il est souvent le premier arrivé et le dernier parti du centre d’entraînement de Carrington. Et ça paie. La saison 2007-2008 sera celle de tous les honneurs et de tous les plaisirs pour lui et ses Diables Rouges. La tornade Ronaldo balaie tout sur son passage. Meilleur buteur en Premier League avec 31 buts en 34 matches, meilleur buteur de la Champions League (8 buts en 11 rencontres), il est le grand bonhomme du formidable doublé des Mancuniens championnat-Ligue des champions. Dans la compétition reine, en finale face à Chelsea (1-1, victoire aux tirs au but), c’est évidemment CR7, élu homme du match, qui a ouvert le score. Ça y est, il l’a atteinte, il l’a touchée l’inaccessible étoile. En atterrissant sur le toit de l’Europe, il devient le roi du monde.

Quelques mois plus tôt, au début de l’année 2008 donc, Cristiano Ronaldo a prolongé son contrat jusqu’en 2012, devenant, avec un salaire annuel estimé à quelque 9 millions d’euros, le joueur le mieux payé de Man United. Cependant, l’été venu et les avances du Real Madrid se faisant de plus en plus pressantes et précises, le Portugais ne cache pas ses envies d’ailleurs qui prennent la forme et la couleur d’un maillot blanc. Sir Alex lui oppose un ferme « no ». Et quand l’Écossais a décrété quelque chose, le joueur comme, d’ailleurs, toute la troupe mancunienne, sait qu’il n’y a pas grand-chose qui puisse ébranler sa conviction. Donc, il restera à MU. Mais ce sera sa dernière année en rouge. Il en profite pour garnir un peu plus son palmarès avec un Mondial des clubs, un nouveau titre de champion d’Angleterre, une Coupe de la Ligue et, à titre personnel, la consécration suprême, celle à laquelle il aspirait par-dessus tout : le Ballon d’or. Dans son discours d’allocution, il déclare : « Il s’agit d’un des plus beaux jours de ma vie. Remporter ce trophée, c’est quelque chose dont je rêvais quand j’étais enfant. De grandes émotions m’assaillent mais je ne peux pas vraiment les décrire. C’est si spécial. Je veux remercier ceux qui ont voté pour moi, ceux qui me connaissent, ceux qui vivent avec moi. Merci à tous, merci aussi à mes partenaires. J’ai seulement 23 ans et ce qui m’arrive est tout simplement merveilleux et incroyable. Mais il ne s’agit pas d’une fin. Après cette soirée, je vais aller me promener et je me dirai à moi-même : je veux être encore meilleur, toujours. » Six mois plus tard, il quitte Manchester pour prendre la route de Madrid.

A propos de l'auteur Magali Nis

Magalie Nis, spécialisée dans le web-marketing, a édité de nombreux articles de sport, de mode féminine et masculine depuis 2012. Elle travaille également dans le milieu du Luxe depuis plus de 15 ans et gère dans le même temps la publicité du site Euro2foot.

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