Cr7 au Real, pour pulvériser les records – 3/3

La rumeur courrait depuis deux ans, ce n’en est plus une. Le 26 juin 2009, Cristiano Ronaldo signe pour six ans au Real Madrid contre un chèque de 94 millions d’euros qui va dans les caisses de Manchester United.

Il s’agit alors du plus gros transfert de l’histoire du football. Quelques jours plus tard, le 6 juillet, il bat un autre record : celui du joueur dont la présentation a attiré le plus grand nombre de fans. Rien que pour voir sa bobine avec le maillot blanc sur les épaules et le numéro 9 dans le dos (il reprendra le 7 la saison suivante après le départ de Raul) saluer la foule et effectuer quelques jongles, plus de 80 000 aficionados ont envahi Santiago Bernabeu dans le bruit et la fureur.

Après la présentation, les fans investissent la boutique du club où son maillot se vend à la cadence infernale de quinze exemplaires à la minute. Au bout de deux heures, ce sont 2000 paletots siglés Ronaldo qui sont écoulés. Et, le lendemain, le bout de tissu, taille adulte, est déjà épuisé. De la folie pure. Le joueur ne calme pas les ardeurs. « Je suis venu au Real pour devenir le meilleur joueur de l’histoire », lance-t-il. Si son meilleur ennemi, nous avons nommé Leo Messi, s’est placé en travers de sa route pour lui contester le leadership de ce début de XXIe siècle, il est également vrai d’affirmer que la star portugaise a pris une dimension encore supérieure, carrément affolante, depuis qu’elle a intégré les murs de la Maison Blanche. Cristiano, sous le maillot madrilène, c’est une pluie de records dont nous vous offrons quelques échantillons. Attention, c’est parti pour un florilège non exhaustif. D’abord, le grigou est le premier joueur à avoir remporté quatre fois le Soulier d’or (un avec Man United, les autres avec le Real) en 2008, 2011, 2014 et 2015. Et d’un ! Il est également l’unique joueur à avoir planté plus de 50 buts, toutes compétitions confondues, six saisons consécutives, série en cours, avec un pique monstrueux de 61 réalisations lors de la session 2014-2015. En Ligue des champions ? Il est le meilleur buteur de l’histoire avec 95 buts, loin devant son ami Leo. Toujours en C1, 17 buts sur une année, celle de la Decima dont il a été un acteur essentiel (2013-2014), et en onze rencontres (!), c’est encore un top score, 11 pions en phase de poules, il s’agit toujours d’un record made in Cristiano. Il est, bien sûr devenu le meilleur goleador de l’histoire de la Maison Blanche en ayant compilé 367 buts, soit la moyenne assez hallucinante de 1,04 but par rencontre depuis sept ans, dont 261 en Liga, un autre record.

Bon on ne parle pas de ses triplés (il en serait à 39 !), de ses quadruplés ou de ses quintuplés (contre Grenade en avril 2015 et l’Espanyol en septembre de la même année). On ne parle pas de toutes les distinctions personnelles qu’ils a reçues, pas la place. Il croule sous les honneurs mais n’est pas rassasié « Marquer, c’est dans mon ADN », clame CR7. Zinédine Zidane, son coach depuis janvier 2016, embraie : « C’est un joueur différent et ses statistiques le démontrent. » D’ailleurs, dès son intronisation, le Français a été très clair en affirmant que sa pépite était intransférable. Entre les deux, le courant passe et il n’est pas alternatif. Même si Cristiano peut marquer sa mauvaise humeur quand son entraîneur le sort pour lui permettre de souffler, parce que le stakhanoviste veut toujours tout jouer jusqu’au bout, cela ne remet pas en cause la complicité entre les deux. La preuve, le joueur, sous contrat jusqu’en 2018, serait plutôt chaud pour prolonger l’aventure au-delà de cette date. « Je veux continuer dans ce club, a-t-il récemment confié, parce que je ne vois rien de mieux que le Real Madrid. » Pour encore enrichir son incroyable palmarès, pour battre de nouveaux records. Insatiable, on vous dit.

Avec le Portugal, une si longue attente

Treize ans, c’est le temps que Cristiano Ronaldo aura dû attendre avant de connaître la consécration internationale avec la Seleçao, depuis sa première cape (lancé par Luiz Felipe Scolari en août 2003) jusqu’à l’apothéose du Stade France en juillet dernier. Treize ans, une éternité pour cet orgueilleux, cet assoiffé de titres et de gloire. Quand il fête sa première sélection le marmot n’a que 18 ans, 6 mois et 15 jours. Et, comme un symbole, à l’occasion de ce match amical contre le Kazakhstan, il remplace à la mi-temps le grand, l’immense Luis Figo. Dans la foulée, il attrape au vol le wagon pour l’Euro 2004 que le Portugal organise. Et le môme ne va pas rater le rendez-vous. Même pas peur. Il signe son entrée dans la compétition en inscrivant un but de la tête, lors du match d’ouverture, mais ne peut empêcher la défaite des siens (1-2) face à une très étonnante formation grecque.

Deux buts et deux passes décisives plus tard, Cricri d’amour est élu meilleur jeune joueur du tournoi. Ce n’est pas cette distinction qui va lui sécher ses larmes. La Seleçao s’est inclinée en finale (encore face à la Grèce, 0-1) et il est inconsolable. D’un autre côté, à 19 ans, on se dit qu’il a le temps. Qu’il n’est qu’à l’aube de sa carrière internationale et qu’il aura bien d’autres occasions de se rattraper. Sauf que celui qui est devenu, à 22 ans et un jour, le plus jeune capitaine de l’histoire de l’équipe nationale, a, par la suite, souvent joué placé avec sa troupe, mais pas gagnant, dans les phases finales des grandes compétitions : demi-finale au Mondial 2006, quart à l’Euro 2008 puis demie en 2012. Treize ans donc qu’il aura attendu avant la délivrance, paradoxalement l’année où le Portugal aura probablement le moins montré, qualifié à l’arrache et sans la moindre victoire durant la phase de poule. À l’arrache aussi en huitièmes (victoire après prolongation contre la Croatie) et en quarts (succès aux tirs au but face à la Pologne).

Avant, tout de même de se montrer plus convaincant en demi-finale grâce à un Cristiano décisif avec un but et une passe décisive pour se défaire des Gallois (2-0). Le natif de Funchal savoure, mais ne la joue pas solo au moment d’aborder l’évènement. « Peu de monde imaginait que nous pourrions atteindre la finale. Et bien, nous y sommes, parce que nous formons une équipe unie, lance-t-il. C’est dans cet esprit que nous avons débuté le tournoi et c’est comme ça que nous l’avons poursuivi. J’ai essayé d’apporter mon aide, pas seulement en marquant des buts, mais aussi en me battant, en tâchant de récupérer des ballons. Atteindre la finale d’une telle compétition, cela ne peut se faire que lorsque les 23 joueurs donnent tout, à tous les niveaux. »

Le grand soir

Ce 10 juillet, son grand soir manque pourtant de virer au cauchemar. Blessé très tôt dans la partie au genou gauche (on détectera, par la suite, une entorse), dans un contact avec Dimitri Payet, il a bien essayé de continuer. Pas possible. Alors, de rage, il a jeté son brassard de capitaine et c’est en larmes et sur un brancard qu’il a quitté la pelouse du Stade de France. C’est le genou gauche strappé dans une gaine qu’il est revenu plus tard sur le banc portugais. Et il était carrément dans la peau du coach quand Eder a ouvert la marque. Gesticulant dans tous les sens comme un fou. Intenable. Une jambe raide mais en sautant comme un cabri sur l’autre. Jusqu’à ces étreintes interminables au moment du coup de sifflet final. « Je suis tellement heureux, dira-t-il un peu plus tard. J’ai toujours cherché à remporter un tel trophée depuis si longtemps. Depuis 2004, en fait. Il s’agit d’un moment merveilleux pour le football portugais. Quelque chose qui restera inoubliable. » Heureux comme un gamin, l’homme aux 133 sélections et aux 61 buts (au 1er octobre), autant dire le plus capé et le meilleur buteur de l’histoire de la sélection portugaise qu’il a mené (3 buts, 3 passes décisives) à son premier grand succès international.

A propos de l'auteur Magali Nis

Magalie Nis, spécialisée dans le web-marketing, a édité de nombreux articles de sport, de mode féminine et masculine depuis 2012. Elle travaille également dans le milieu du Luxe depuis plus de 15 ans et gère dans le même temps la publicité du site Euro2foot.

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